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Share EXPOSITION : LES IRRÉELLES de Compétence Photo à Bordeaux Après Lyon et Nantes, les Irréelles, rencontres photographiques, sont de passage à Bordeaux. Initiée par le magazine Compétence Photo et co-organisée à Bordeaux par l'association Cdanslaboite et la Mairie, elle s’installera du 6 avril au 13 mai 2012, au CCAS de Bordeaux. Les expositions retenues sont celle du bordelais Romann Ramshorn, d'Eric Forey (Lyon) et Cath An (Nantes). Gérald Vidamment, rédacteur en chef de Compétence Photo, prose une sélection de jeunes photographes reconnus, trois univers très différents, entre réalisme et imaginaire, navigant de la couleur au noir et blanc. http://www.competencephoto.com/Les-Irreelles_r82.html
ROMANN RAMSHORN : Du Bosphore à l’Euphrate www.romannramshorn.book.f Des voisins qui se tournent le dos Née de l’effondrement de l’empire Ottoman, puis cadenassée par la guerre froide, la frontière syro-turque a encore aujourd’hui des allures de rideau de fer. 615 000 mines séparent toujours des populations qui jusque-là avaient vécu ensemble durant des siècles. Malgré tout, ces derniers mois, plus de 10 000 Syriens ont trouvé refuge en Turquie, traversant à pied cette frontière pour fuir la répression féroce du régime de Bachir El-Assad. La Turquie Entre 2003 et 2006, j’ai effectué de nombreux voyages en Turquie, un pays dont tout homme sensé tombe immédiatement amoureux. Voyager vers l’est, dans l’immense Anatolie, sur les vastes plateaux de l’Asie Mineure, traverser l’Euphrate, le Tigre, deux fleuves qui ne se rejoignent qu’à Bagdad, provoque une profonde sensation d’excitation et de plénitude mélangées. La Mésopotamie ! J’ai photographié la route, les paysages, les villes, les habitants, avec une approche directe, sans à priori. J’ai voulu saisir le calme et la sidération que génère ce territoire brut au peuple si accueillant. Poussé par une envie de voyage sans fin, une fois, par une petite route poussiéreuse, je me suis rendu à la frontière avec la Syrie. Les militaires étaient tellement étonnés de me voir débarquer qu’ils n’ont même pas songé à se montrer agressifs. La Syrie Visa en poche, c’est finalement par les airs, en Janvier 2006, que je me suis rendu en Syrie, via un vol Istanbul-Damas. J’avais seulement trois semaines pour quadriller le pays. Au bout de quelques jours, à Tartous, dans l’hôtel du téléphone noir, j’ai subitement découvert la polémique qui surgissait à propos des caricatures de Mahomet. Comme moi, un couple de Suédois regardait avec stupéfaction les images des ambassades en feu à Damas. Ils ont fuit le jour-même par Beyrouth. Avec ma compagne de l’époque, nous avons décidé de poursuivre notre voyage normalement. Après quoi je n’ai jamais autant parlé de religion. Chacun voulait avoir notre opinion, et désirait ardemment débattre. Au début, j’avouais mon athéisme, puis j’ai finalement accepté d’être assimilé à un chrétien. Les Syriens affichaient une étonnante unité, et dans ce contexte je les ai senti soudés, y compris derrière leur président. Mais comment pouvais-je en être sûr ? Je sais juste avoir croisé des personnes ouvertes, désireuses de se faire comprendre et accepter par le monde extérieur. Aujourd’hui certaines de ces personnes sont peut-être mortes d’avoir voulu réellement vivre cette volonté d’ouverture et de dialogue. Voilà le sentiment qui me domine aujourd’hui, une impénétrable tristesse. CATH. AN. : Là où j'ai cru te voir... et « L’attente, l’oubli… » Réflexions à huis-clos www.photographe-cath-an.com Là où j'ai cru te voir... Au hasards des lieux, dans le visage de quelqu’un, dans le creux d’une chaise, au coin d’un chemin, à l’ombre d’un mur, dans un mot, une phrase… sous différents aspects, j’ai croisé une présence. Ces photos sont les traces de ce que j’ai pu saisir lorsque je la sentais… Jamais bien loin, par surprise et toujours avec ce sentiment bien présent de l’insaisissable… Elle se présentait à moi en des instants fugaces où je croyais l’apercevoir…Cette « présence », je ne me l’explique pas. J’aime la sentir. J’aime l’entrevoir, souvient à travers un rayon de lumière. J’aime à croire que j’entrevois l’absence d’un parent décédé, une histoire d’amour terminée, l’appel d’un souvenir, ou encore une présence divine… Je porte cette présence en moi, et des fois elle me fait la joie de se montrer. Voici donc des photographies comme des traces réelles de ces instants où la présence par l’absence s’est montrée, furtivement…  L’attente, l’oubli… » Réflexions à huis-clos « Ici, et sur cette phrase qui lui était peut-être destinée, il fut contraint de s’arrêter. » Ainsi commence l’ouvrage de Maurice Blanchot, L’attente, l’oubli. Je m’arrêtais donc. Cette série photographique propose une mise en scène de l’attente et de l’oubli, notions chères à cet écrivain. Dans cette histoire, les protagonistes sont deux à attendre, à oublier. Pourtant, ils tentent chacun de se rappeler… à travers l’absence et le silence. J’ai choisi de travailler avec cette idée que l’absence de l’autre renforce sa présence dans cet espace vide. De fait, la mise en scène s’appuie sur un huis-clos, qui prend ici toute son importance comme décor mental et physique. Seule la lumière du jour vient éclairer ses réflexions, ses interrogations et ses doutes face à cette attente, à cet oubli. Voici donc une jeune fille et un jeune homme qui sont face à une présence par l’absence. Dans une immersion temporelle face à l’attente et l’oubli. Une temporalité du vide et des souvenirs perdus. Dans un silence profond. Qu’ont-ils oublié? Qu’attendent-t-ils ? L’attente et l’oubli continuent à se faire entendre. Sourdement, intérieurement. Je m’arrêtais donc sur ce livre, sur cette phrase, sur ces notions. Avec ce désir qu’existe, entre l’attente et l’oubli, le doute. Ce doute palpable d’un souvenir qui revient, d’une attente qui va peut-être prendre fin. Et c’est dans cet entre-deux, à cet endroit précis, que cette série tente d’attraper cet instant fugace du « et si… »
ERIC FOREY : Kromatik Cité www.kalaphoto.fr
Ma profession de foi : Chasser la forme urbaine. Débusquer la couleur. Regarder ce que nul autre ne perçoit. Avancer, reculer, tourner, et découvrir le beau où l’on ne l’attend pas. Lever les yeux. Ralentir le pas. Se pencher. S’accroupir. Absorber la ville Attendre la lumière. Prendre le temps de réaliser l’harmonie nichée là où rien n’était prévu. Apprendre à ressentir différemment la ville. Frissonner pour une façade Vibrer pour un bardage. S’émouvoir d’un mur. Vivre la ville. Toute la ville. Différemment. Programme de la journée de lancement, vendredi 6 avril : 15h lecture de portfolios 17h30 vernissage 20h soirée au bar à vins Quai Largo les Irréelles 6 avril au 13 mai 2012 CCAS 74, cours St Louis Bordeaux Horaires : de 8H30 à 18H00, du lundi au vendredi
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